Pourquoi il faut dire je t'aime (ou pas) ?

Que notre ami Gérard, créateur des bijoux Mimilamour, ne se formalise pas ! " Il faut dire je t'aime ", c'est le mantra fondateur de sa jolie maison, complété depuis par plein de bagues Mon Coeur , de chevalières #saimer et de sweats Je t'aime en chouette typo gothique, récemment copiés par H&M … Le Futiloscope ne saurait brocarder tant d'appels à l'amûûûr ! Mais est-ce l'imminence de la fête de Mères et son avalanche de babioles Love Mamma ou Best Mamma ever ?  L''overdose de " bienveillance " le guette ! Pas vous ? Pourquoi, en effet, dans un pays où on se tenait jusqu'alors à carreau ( et où l'on traitait le Père Noël d'ordure),  est-on  devenu des maniaques de la verbalisation des (bons) sentiments ? Nous fait-on le coup du robinet d'eau tiède pour réchauffer un peu  l'époque? Personnellement, Le Futiloscope ne croit pas que les paniers qui brament Amour ( voir notre post précédent) , les coussins qui susurrent Peace et les joncs en or qui proclament Tout le bonheur du monde aident spécialement à être Happy ( une autre mot-clé du moment) … Au contraire, d'ailleurs  : se sentir seul dans son t shirt Love is Big, il n'y a sans doute pas plus triste ! Un petit "Hug" consolateur , peut être?  Quant aux sales pestes des lycées huppés (ou aux méchantes chauffardes blondes dans leur Mini ) , pas gênées pour deux sous par leur petit Zadig à message neu-neu , on leur conseillerait bien volontiers des hardes qui révèlent mieux leur profonde nature ( Bitch, par exemple ? ) ...

On persifle, on persifle, mais ce " Love washing " a commencé comment ? On voit deux pistes mais vous en aurez peut être d'autres … La positive attitude de mise dans les start ups californiennes, devenue une sorte d'étalon plus ou moins consenti, est sans doute pour beaucoup dans cette affaire . On parle quand même d'endroits où, tapi entre les plantes vertes et le coin-méditation, un "Chief Happiness Officer " veille sur les bonnes ondes de l'open space… Lequel open space n'en pense pas moins, mais chuuut ! L'offensive massive du yoga - on ne porte aucun jugement mais grosso modo, si t'en fais pas, t'es quand même un gros bourrin, en ce printemps 2018 - n'a évidemment rien arrangé à l'esthétique de la béatitude obligatoire. Bref, l'heure est grave, chers amis irréductibles qui résistez encore et toujours à l'envahissante cucuterie ambiante ( comme on disait dans Astérix) … Il faut sauver le soldat Second Degré !

Photo : @ondine_csao