Pourquoi c'est Laurence Pernoud qu'on assassine ?

Le Futiloscope aime bien quand le hasard le met à plusieurs reprises sur la piste d’un phénomène qui lui avait –nobody is perfect !- un peu échappé . Une tribune dans les Echos mi-novembre, un article dans Le Monde la semaine dernière et hop, voilà que le terme «Parennials » s’est brusquement imposé à lui ! Encore un mot préfabriqué pour coller à une tendance plus ou moins bidon ? Pas tout à fait, c’est pour ça qu’on vous en parle. Le terme est apparu l’an dernier dans le New York Times pour désigner cette nouvelle catégorie de parents que constitueraient nos chers Millenials. Eh oui, l’âge venant, la génération Y ne se contenterait plus d’élever des plantes vertes et/ou des chats ( et de les instagramer sur le fameux fond Pink éponyme), elle ferait des bébés. Jusque-là, rien de super folichon, on est bien d’accord.
Sauf qu’évidemment, les millenials devenus parents (parennials, donc ) ne font rien comme tout le monde (celui d’Avant, en tout cas).  Comme ils ont pris l’habitude du tout-connecté et du tout-collaboratif, on ne voit pas pourquoi, en effet, ils n’appliqueraient pas au » parenting » les mêmes méthodes que pour choisir un restau ou  trouver un sex friend. Ils sont sans doute la première génération de parents dans l’histoire qui zapppe totalement la transmission orale ou livresque par les aîné(e)s ou les proches. Comme le dit un expert US : « “Google is the new grandparent, the new neighbor, the new nanny.” Concrètement, ça donne quoi ? Une jeune parennial a un souci d’allaitement sous son beau t-shirt Milky Bar ? Eh bien, elle ne questionne ni sa maman ni sa sœur ainée , ni évidemment, la permanence de la PMI du coin. Elle cherche direct un forum ou une app’ qui lui permettent de résoudre tout ça. … Et si aucune app’ ne lui convient, elle en invente une, comme Anna Halsall, ingénieure primipare qui a créé Baby’s Day, le truc digital qui rend le post it «22.45 h, sein droit» totalement obsolète.
Trouver des copines avec lesquelles échanger sur ses petites angoisses et ses grandes joies ? Plus la peine d’aller se les geler sur un sordide banc de square… L’app française WeMoms et sa communauté de 1, 5 millions de mères débutantes fait le job, c’est sympa de pouvoir converser en ligne, la nuit, quand on donne le biberon : après tout, on a deux mains, non ? Il y aussi Peanut, surnommé le Tinder de la maternité, qui permet de géolocaliser près de chez soi les filles avec lesquelles on a d'autres points communs que celui d’avoir un lardon tout neuf. On n’en finirait pas de lister ainsi les outils de «soutien virtuel» chéris de parennials isolés dans les grandes villes, Gouzi, Magic Maman et autres Baby Connect … On mentionnera juste The Wonder Weeks qui vous alerte quand le bébé va franchir un seuil cognitif significatif . Oui, ça fait peur – surtout s’il ne se passe rien !-  mais pas aux parennials qui voient leurs premiers pas avec un nourrisson comme le lancement d’une start up ! Ils préfèrent disposer d’un business plan costaud, ça les rassure. Il y a même un truc  qui s'appelle Baby Manager, c'est dire. Bsit , le Trip Advisor des baby sitters, toutes notées et classées par les utilisateurs , n’est pas mal non plus dans le genre control freak !  Ca ne se fait  plus du tout de rafler les petites annonces à la boulangerie ou d’essayer de recruter la fille des voisins.  Les Parennials ne feraient jamais un truc aussi irresponsable ou spontané.
Evidemment , le Futiloscope s’inquiète beaucoup pour ces jeunes co-parents (c’est comme ça qu’ils s’appellent entre eux ) . Il imagine leur état, vers 2 h du mat, après avoir lu 622 commentaires contradictoires sur le reflux présumé de leur nourrisson, qui vient de rejeter du lait caillé, façon l’Exorciste !  Même Laurence Pernoud pouvait être anxiogène sur ce sujet jadis, alors imaginons leur désarroi face à une masse d’infos alarmistes pas vraiment contrôlées … L’autre menace transparait en filigrane dans pas mal de topos marketing.  ll y a désormais des séminaires pour aider les marques à ne pas «rater» les parennials et le juteux marché qu’ils représentent . Certaines apps, interrogées par la presse économique, ne cachent pas qu’elles comptent bien exploiter le précieux data recueilli sur les «moms» pour aider des clients potentiels à cibler au mieux leur communication. D'autres comme Gouzi , lancée par Evian, sont des émanations directes de business liés à la petite enfance. En plus de tout le reste, les parennials seraient donc le nouveau gibier conso à la mode . Pauvres d’eux !