Pourquoi les plantes vertes ressortent du bois ?

Les plantes d’intérieur ? On ne les croisait plus que dans les salles d’attente miteuses, vivotant dans leurs bacs Riviera à côté d’une pile de Match écornés. Et voilà qu’elles font un spectaculaire come-back dans les cantines branchées ! A New York, on brunche sous des guirlandes de chlorophytum (la « plante araignée » aux plantules envahissantes) et des fougères « corne de cerf » fixées au mur façon trophée. On sirote son latte en compagnie d’une « installation » de succulentes (plantes grasses XXS), ou d’un « terrarium », forêt vierge miniature enfermée dans un aquarium boule. Dans les boutiques, la jungle fever frappe aussi. Chez Urban Outfitters, par exemple, des rangées de sansevieria – dite « plante de concierge » -, et des ficus trônent, incongrus, au milieu des sneakers, crèmes de jour ou petites culottes…Paris s’y met aussi. Voir, par exemple, le Bar du Perchoir récemment revampé, ou la nouvelle « juicerie » detox Wild of the Moon (en photo): leurs décorateurs respectifs se sont manifestement bien éclaté dans les allées d’un Truffaut ou d’un Jardiland !

L’« indoor gardening » a le vent en poupe. Eh oui, c’est comme ça que ça s’appelle désormais, sur les sites de déco pointus comme Apartment Therapy, qui vous invitent à créer un « jardin vertical » dans la cuisine ou un « autel végétal » dans le salon. C’est très chic, et ce serait même bon pour la santé. En filtrant l’air ambiant, les plantes vertes neutralisent les polluants domestiques cachés dans les peintures, les isolants, ou les produits ménagers. Dixit une vieille étude de la Nasa, jamais updatée. Qu’importe : dans une époque obsédée de « detox », tout le monde a envie d’y croire !

Et puis, les plantes vertes, c’est tellement exotique. La jeune génération, qui s’en est toquée, n’en avait quasiment jamais croisé. Trente ans qu’elles végétaient dans le placard des tendances ! Pour leurs ainés, en revanche, constater que la très kitsch « misère à feuilles panachées », sosie de celle qui trônait sur une sellette en rotin chez leur mamie, est la nouvelle « it-plante », est plus déroutant. Mais bien entendu, les codes ont changé. Pas question de sauter dans le trend en flanquant deux-trois fougères sur un guéridon Empire. Mode d’emploi pour éviter le green faux pas ? Côté succulentes, on joue l’accumulation et le mélange, dans des contenants dé-pa-reil-lés ou sous de hautes cloches transparentes (Truffaut). Pour les sansevierias, philodendrons & co, on joue le contraste, en leur offrant un cache-pot industriel en béton, ou un « tripode » ultra design. Voire une vannerie africaine ou navajo. Enfin, l’accessoire vedette du moment, c’est… la suspension en macramé ! A shopper sur une e-boutique de design, à chiner au vide–grenier…ou à confectionner soi-même pour les plus motivés.