Pourquoi le concombre se dévergonde ?

Ca vous excite, vous, le concombre ? Nous, pas trop. Quand on en achète au marché, soit il moisit au frigo, soit il finit invariablement en tsatsiki raté ou gaspacho aqueux. Son ratio vitamines-calories est certes imbattable. Mais la basique salade avec yaourt et feuilles de menthe, c’est sinistre comme un déjeuner Sodexo juste avant une présentation-clients, non?

Ceci dit, la première fois qu’on a croisé une carafe où s’ébattaient des rondelles de concombre –un must du moment-, nos préjugés en ont pris un coup. L’infusion à froid, ça lui réussit. Désaltérant et parfumé, ce truc-là donne presque envie de boire de l’eau ! Depuis, on en voit à longueur de blogs, des recettes de detox water au concombre, avec fraises, romarin, basilic…Pas le courage ? Direction le Marks & Spencer, qui vient de lancer une agua fresca au concombre et citron. Et devinez, aussi, quel est le dernier né des sirops Monin ?

Celui-là, on lui trouvera sûrement des usages moins détox. Notre cucurbitacée, en effet, est aussi la dernière tocade des mixologistes. Ils tapissent les verres de ses lamelles translucides. Revisitent la Margarita, le Mojito & co en mode concombre. Ou osent les popsicles (photo), bâtonnets givrés de gin-tonic légumier. A New York, sur le rooftop d’Eataly, temple de la gastronomie transalpine, on s’envoie des pichets de Sorrento Spritz au concombre. Tandis que chez Quality Italian, on le sert en slush, ce granité alcoolisé dont Le Futiloscope vous parlait récemment.

Le concombre serait–il hype uniquement en cocktail ? Non, non, il est encore permis de le manger. Mais « smashé », sinon rien ! Mode d’emploi ? On pose un individu non épluché sur le plan de travail, et on le bat comme plâtre avec le dos d’un couperet –ou un rouleau à pâtisserie-, jusqu’à ce qu’il éclate en deux dans la longueur (démonstration ici) . Avant de le débiter en cubes, à mains nues de préférence, puis de verser un peu de sel sur ses blessures. Parole de foodies : cette séance de torture raffermit sa chair et dope incroyablement son goût ! Ensuite, on assaisonne avec ail, piment, soja, vinaigre et huile de sésame. Relancé l’été dernier par le gratin des chefs new-yorkais, David Chang en tête, le smashed cucumber, recette originaire du Setchuan, devrait bientôt débarquer dans nos bistrots branchés. Sinon, pour tenter cette it-salade à la maison, les variantes (sésame, gingembre, cacahuètes…) sont légion sur la Toile. Pas le cœur de martyriser un légume innocent ? Dites-vous qu'au moins, ça le change des sévices qu’on lui inflige souvent sur les sites "pour adultes" …

Photo: Boire