Pourquoi l’Afrique, c’est chic ?

Vous cherchez une destination de vacances VRAIMENT inédite ? Misez sur Accra, au Ghana, récemment sacrée par le New York Times « nouvelle capitale du cool »…Promis, vous pourrez en poster sur Insta des clichés arty ! La ville compte désormais un boutique hôtel cosy (logé dans l’ex-ambassade de Russie) ; un concept-store digne de ce nom (un peu « l‘équivalent du Corso Como à Milan ») ; des maquis (kiosques) à la street-food divine; des immeubles brutalistes à foison et des galeries remplies de sublimes poteries, bijoux ou tissages… Mais ni taudis ni rues défoncées ? Sûrement , mais ce n’est pas le sujet…

Le sujet ? C’est la « Nouvelle Afrique », branchée, créative, effervescente, qui nous fascine en ce moment. De la Biennale de Venise à l’Armory Show new-yorkais, ses artistes et photographes ont la cote. Les jeunes musiciens nigérians sont courtisés par le gratin des rappers US  et les maisons de disques européennes. Leur compatriote romancière Chimamanda Ngozi Adichie, depuis son best-seller Americanah, est devenue la porte-parole de toute une génération. Et  siégeait en front row du dernier défilé Dior parisien... D’autres auteurs de ce continent cartonnent aussi , comme la Ghanéenne Yaa Gyasi  ou la Camerounaise Imbolo Mbue . Bientôt le tour des chefs ?  Les  foodies new-yorkais  attendent avec impatience l’ouverture du Serengeti Kitchen à Harlem,  futur temple  de la cuisine pan-africaine . Qui, on l’aura compris, ne se résume pas au poulet yassa…

L’Africa Mania souffle aussi sur la mode et la déco. On croise  partout des paniers tressés tanzaniens, des manchettes perlées ou des colliers garnis de « cauris ». Ce coquillage superstar joue les suspensions XXL au Comptoir Général, pionnier parisien de la tendance, ou au Marché Noir, leur nouvelle friperie. On craque pour le savon Bamako Le Baigneur au beurre de karité, sapé de noir et vert flashy . A la Boutique Générale, dans le Marais, ou chez Xenomania, dans l'East Village, on s’offre des poteries du Mali,  des bijoux anciens ou des coussins en wax. Ce tissu iconique est soudain omniprésent , à voir les robes  Froufrou Bambou  de Marylin Feltz,  et  les collections d’Owl Paris ou Maison Château Rouge, deux nouveaux labels nés dans la « Petite Afrique » du XVIII ème arrondissement. Une tocade ? Au contraire. Depuis le temps qu’on nous répète que le XXIème siècle sera africain, ce n’est sûrement qu’un début. Découvrir les jeunes talents d’une partie du monde dont on ignore quasiment tout, c’est plutôt excitant. Et imaginer, grâce à Americanah, à quoi ressemble la vie des trentenaires à Lagos, carrément fascinant. Une autre facette de ce continent, moins déprimante et stéréotypée, se dévoile enfin  ? On prend. Boko Haram et les autres plaies d’Afrique, le J.T sera toujours là pour nous les rappeler…