Pourquoi on tire la couverture à soi ?

Mauvaise nouvelle : il va falloir donner tous vos plaids en cachemire. Ou en tricot bien moelleux . Ou en fausse fourrure. Ce qui se fait de plus « in », cet hiver, en matière de jeté de canapé, c’est la couverture. Grise, marron ou kaki, ou discrètement quadrillée dans les mêmes tons, elle a pourtant l’air… de gratter un tantinet.

Tout a débuté avec la réhabilitation du plaid en laine des Pyrénées, jadis réservé aux mamies.…On s'est aperçu qu'il était  « made in France » et 100% artisanal. Et hop,  le revoilà persona grata dans les intérieurs chic ! Dans la foulée, la couverture, la vraie, sort aussi du placard.Celles de chez Datcha, du genre austère, sont tissées et brodées au Maroc. Celles de La Trésorerie, en jacquard de couleurs sourdes et en laine recyclée, sont la ré-interprétation des grands classiques du genre. La Méricaine est une jeune marque spécialisée, dont les modèles, déclinés aussi en capes, sont fabriqués dans le Sud Ouest. Margaret Howell, queen du minimalisme, en propose aussi, tissées dans une vieille fabrique irlandaise. La plus tendance ? Celle de The Socialite Family pour La Redoute. Pure laine vierge, imprimé rétro, finition « point de cheval »…on pourrait la croiser dans un motel des années 50. D’ailleurs, dans les très hype Ace Hotels, il y en a une sur chaque lit, signée Pendleton, mythique fabricant de l’Oregon, célèbre pour ses « blankets » à rayures ou à motifs Amérindiens. Iconiques aux USA -elles rappellent  les « summer camps » et les vacances dans les Grands Parcs- elles sont encore plus culte depuis que la jeune génération, à son tour, s’est toquée de camping sauvage. On en trouve plein les friperies, avec leur équivalent mexicain, les serape multicolores. Urban Outfitters en vend aussi en permanence.

Est-ce parce qu’il évoque  des fantasmes de road trips et de veillées autour du feu de camp, que ce rectangle de laine rêche fait fantasmer les citadins? Sûrement. Mais cette touche spartiate incongrue, dans un appartement bourgeois, vous pose aussi en adepte du wabi-sabi, ce courant de la déco qui prône le dénuement, l’inconfort choisi, l’amour de l’authentique, du patiné… Dans ce cas, optez de préférence pour un modèle déniché sur Ebay, venu d’un pensionnat ou de l’US Navy. La couverture « ethnique-chic », rapportée d’Argentine ou de Tunisie, est un bon choix aussi (surtout si elle sent un peu la chèvre). Enfin, pour les petits budgets, il y a la véritable couverture de déménageur qui peluche : 19 €, best seller chez Merci !

Photo : Margaret Howell