Pourquoi le bouquet de "rien", c'est pas rien?

Vous saturez des arrangements japonisants, toujours sur le point de basculer quand on les frôle ? Ca tombe bien, ils ne poussent plus du tout dans les maisons qui se respectent ! Le grand triomphateur floral de la saison est au contraire tout menu, c'est le bouquet de "rien" , comme le conceptualise joliment la fleuriste de Nue Paris , dans Milk.

L'idée ? Planter deux 2 oeillets par ci, une renoncule et un brin d'eucalyptus par là, dans de petits vases. Et poétiser ainsi son logis avec ces humbles installations, qui sont un peu l'Arte Povera de la chose.  Cette tendance, pour une fois, ne pousse pas à la dépense : diviser en 5  sa douzaine de tulipes " Fleur de Lys"  , c'est franchement économique ! On  se demande si les professionnels de la fleur qui vantent cette  modestie esthétique savent vraiment ce qu'ils font.

Ce nouveau tic déco pousse aussi au recyclage le plus vertueux.  Une rose très éclose ? Recoupée court dans un gobelet ancien, elle survit aisément. Cette  tige brisée d'anémone ? Même méthode de sauvetage, avec un bout de lierre sinueux. Les plus snobs adorent aussi les corolles fanées jusqu'au pistil, tourmentées et un brin morbides dans leur pot arty.  L'aspect glanage - prononcer "foraging" - de la démarche participe aussi de son succès branché. Pour réconforter ce duo maigrelet de jonquilles, quoi de plus adéquat qu'un  brimborion feuillu piqué au parc ? Quand on ne se contente pas purement et simplement de fleurettes des champs "granny chic"....

Enfin, le bouquet de "rien" a un gros avantage  : il permet enfin d'utiliser tous ces contenants divers -et sans usage évident!-  en verre, en céramique, en faïence pseudo vintage ... , accumulés au fil des virées dans les concept-stores ou les chaînes de déco nordiques  - comme la nouvelle venue Sostrene Grene- ...

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