Pourquoi c'est la battle des paniers?

Les marchés de bord de mer écumés pendant les ponts comme les vitrines des villes n'ont apparemment plus que lui en tête ! Qui ça ? Le panier! La réhab' de ce revenant - hello Jane Birkin!- était déjà voyante l'été dernier. Pour celui à venir, c'est carrément le tsunami d'osier, de rotin, de bambou! Et il déborde bien largement des plages, qui de toute façon, sont plus que jamais sous les pavés... C'est bien simple, le Futiloscope a parfois l'impression, via les posts sponsorisés Instagram dont des algorithmes bien rencardés l'abreuvent, qu'une nouvelle marque émerge chaque jour ... Une nouvelle marque... qui fait exactement la même chose que les autres ! N'écoutant que son grand coeur de tendanceur, le Futiloscope a donc décidé de faire le point sur ce sujet crucial  : doit-on toujours mettre la main au panier ? Et si oui, sur lequel jeter son dévolu ?

Le couffin marocain ?

On était si contents de le revoir, le simplissime fourre-tout tressé, cet archétype de la coolitude artisanale made in Essaouira ou Marrakech ! Pas cher en plus, comme it bag...  C’était avant qu’il soit frappé par le démon de la customisation : rebrodé de messages neu-neu (incluant souvent le mot Happy), entortillé de rubans, flanqué de grappes de pompons, orné de motifs - oeil ou cactus, au hasard !- , voire monogrammé comme un vulgaire sac en cuir ! De moins en moins BoHo, de plus en plus « folklo », il s’est gadgétisé à la vitesse grand V . Mais continue à débarquer dans les boutiques par containers entiers, venus d'une mystérieuse source inépuisable. Verdict ? Cet été, notre collection perso va partir en summer camp  au grenier ( ou , à l'extrême limite,  en accrochage mural, farci de fleurs séchées, un énorme standard déco du moment, là aussi)!

Le tambourin thaïlandais ? 

Ou vietnamien, ou philippin, ou balinais ? Il vient en tout cas d’un coin d’Asie du Sud Est où l’on travaille sans relâche la fibre de rotin. La marque Bambien l’a mise sur orbite l’été dernier, avec des modèles artisanaux aux finitions soignées et à bandoulière de cuir.  On l'a trouvé ravissant et pour tout dire original.  Mais depuis, la photocopieuse s’est carrément emballée. Et les aumônières rondes, en version plus bâclée, pulullent . A des prix totalement fantaisistes, et rarement indexés sur la taille de l’objet ! On ne met rien dedans ?  Une lectrice du Futiloscope suggérait d'y ranger des CD. C'est une idée brillante mais franchement, ne nous leurrons pas :  c’est LE sac inutile du moment . Certaines extrémistes fashion ont beau en porter deux ou trois d'un coup, sans doute pour caser toutes leurs affaires, le tambourin est un vrai faux ami...

La cagette californienne ?

L’an dernier, ce modèle baptisé « Ark », élégant sac demi-lune en bambou de la marque Cult Gaïa - from L.A siouplait-  était arboré d’un air altier sur tapis rouge par toutes les célébrités : du jamais vu pour un panier ! Pompé depuis jusqu’à l’overdose, il est aussi au cœur d’un feuilleton juridique. Sa créatrice californienne attaque pour contrefaçon le géant new-yorkais du sac Steve Madden. Lequel intente un procès en retour, arguant que  « Ark »-argh!- est aussi une copie…d’un panier de pique-nique japonais des années 40. Quand les choses en sont là, autant dire qu'il est  déjà bien trop tard pour craquer.. D'autant que la poignée de ce petit chef d'oeuvre architecturé est d'un inconfort rarement atteint ( sauf peut être par la minuscule anse râpeuse de certains paniers marocains justement)...

Le "jelly bag" british ?

C’est comme ça qu’il s’appelle, en fait, le cabas en plastique que trimballait avec grâce Pascale Ogier, entre Paris et Marne la Vallée,  dans les Nuits de la Pleine Lune d’Eric Rohmer ! Ce vrai marqueur « branché » des années 80 amorce un spectaculaire come-back, notamment grâce à Sunjellies, une marque anglaise spécialisée, qui propose aussi le modèle « Atomic Tote », plus fifties. On le trouve également chez Monki, jamais en retard d'une tendance, pas très loin des robettes à fleurs ( et des coupes menstruelles). Logique qu’après le  feu de paille de la fibre naturelle,  le plastique (c’est fantastique) prenne sa revanche, ainsi vont les cycles modeux ... Gai,  léger, pratique, ni cher ni prétentieux, ce nouveau (re)venu veut qu’on l’emmène sur le sable cet été ? OK, ça nous fera des vacances !